Le toilettage
C'est
sous le Second Empire qu'apparaissent les premiers toiletteurs
ou,
plus exactement, les premiers "tondeurs". La mode
du Caniche dans la bourgeoisie à cette époque y
est pour beaucoup. C'est de là que date la tonte "lion",
toujours connue à l'heure actuelle. Ensuite, les tondeurs
se sont installés dans la rue sur des box en bois pour
y effectuer un toilettage plus que superficiel qui correspondait
surtout à un entretien général du chien.
Désormais, ce sont des professionnels ayant un matériel
spécialisé qui s'occupent du toilettage. En effet,
ce dernier n'est plus considéré comme un luxe,
mais devient indispensable pour certaines races.
La
première chose que l'on voit d'un chien, c'est son pelage.
La santé de l'animal se reflète sur son poil. Il
est donc important d'en prendre soin. Cependant, il ne faut pas
confondre la toilette, relevant de la propreté et donc dispensée
quotidiennement par le propriétaire, et le toilettage qui
se réfère à l'esthétisme. Ce dernier
permet de mettre en valeur la morphologie et le caractère
d'une race, mais aussi de gommer les défauts de façon à donner
une silhouette parfaite. Pour les professionnels, un bon toilettage
est un toilettage qui ne se voit pas, qui respecte l'animal.
En
fait, les chiens de compagnie ont rarement besoin de se faire
toiletter
(sauf quelques races comme les Caniches, par
exemple),
si ce n'est pour le plaisir personnel du propriétaire. En
revanche, il s'avère nécessaire pour les chiens de
concours, examinés par l'oeil averti et exercé d'un
professionnel. En cette circonstance, l'animal représente
sa race et se doit d'être parfait.
Il
est évident que, pour être toiletté, le
chien doit être en bonne santé : pas de maladies contagieuses,
pas de dermatoses, et des vaccins à jour (surtout celui
contre la rage, en cas de morsures).
Le
matériel
Le
matériel de toilettage se compose d'une table haute
avec des attaches au collier pour éviter tout mouvement
intempestif du chien, surtout lors de l'utilisation des ciseaux
; d'une tondeuse avec plusieurs peignes, indispensable pour les
Caniches ; d'un démêloir pour les poils longs ou
bouclés ; de plusieurs paires de ciseaux, droits, courbes,
dentelés ; d'un peigne à main pour bouffer les
poils ; enfin d'un couteau à effiler.
La technique
Avoir
le matériel ne suffit pas, encore faut-il savoir
l'utiliser. La technique a énormément évolué au
cours des siècles.
Aujourd'hui,
le toilettage se déroule en trois temps :
-
le shampooing, doux et adapté au poil du chien, afin
d'ôter les poussières et débris cutanés
pouvant ternir la robe ;
-
la coupe effectuée en deux étapes :
1.
la tonte, souvent réservée aux Caniches, demande
une certaine précision pour ne pas laisser les traces
du peigne et permettre une repousse homogène sur toute
la zone tondue ;
2.
le stripping : il s'agit de l'épilation à la
main ou au peigne couteau. Cette étape est surtout utile
pour les chiens à poil dur, afin d'éliminer les
plus grands poils et d'uniformiser la robe ;
-
le trimming, ou modelage de la robe, au couteau à effiler
ou au peigne.
A
tout cela s'ajoutent les soins de la toilette que dispense
régulièrement le propriétaire : nettoyer
les yeux, épiler les oreilles (pour éviter les épillets
en été et faciliter le nettoyage des oreilles),
détartrer les dents si nécessaire, couper les ongles
et vérifier l'intégrité des coussinets.
Telle
est la démarche générale du toilettage.
Bien évidemment, chaque chien se toilette différemment.
Voici quelques exemples :
-
pour des poils durs (tels que les Dalmatiens ou les Labradors),
le démêlage est inutile ; à la rigueur, en
période de mue, une simple brosse dure suffit. Pour donner
un aspect brillant aux poils, typique de ces races, on peut utiliser
un gant de cuir puis une peau de chamois pour lustrer le poil
;
-
pour un poil long ou mi-long (Berger allemand, Spitz, Épagneul),
il faut éviter d'éliminer les poils vivants ou
de les casser avec un matériel trop dur. Ainsi, l'utilisation
d'une étrille est beaucoup plus appropriée ;
-
pour les poils longs, raides ou bouclés (Afghan, Chow-Chow,
Bichon) un démêlage est nécessaire pour ôter
les poils morts. Le fignolage consiste, chez le Chow-Chow, à donner
du volume à la robe en la bouffant à rebrousse-poil
ou, chez le Fox, à égaliser la barbe pour obtenir
une tête carrée ;
-
enfin, le cas du Caniche est de loin le plus compliqué.
Plusieurs tontes sont admises, notamment la tonte " lion " (casque,
manchon et pompon), la tonte à l'anglaise (poils peignés
en arrière et retenus par un ruban, museau tondu), la
tonte " zazou " (pieds et corps tondus, casque moutonnant,
museau et oreilles tondus).
Etre toiletteur
La
gamme de coupes et de toilettes est donc extrêmement
vaste. C'est pourquoi devenir toiletteur requiert d'importantes
connaissances en matière de races canines, surtout en
ce qui concerne leur morphologie mais aussi leur caractère
général, afin d'adapter le toilettage aux critères
de races. Cela peut s'apprendre en école, mais ce n'est
souvent pas suffisant et les professionnels s'accordent à dire
que le plus gros de l'apprentissage se fait sur le terrain, par
l'expérience. En effet, le rôle du toiletteur est
aussi de gommer les défauts du chien. Par exemple, chez
un chien trop haut, les poils des pattes seront coupés
plus longs afin de donner l'impression d'un chien court sur pattes
; de même, lorsque les membres sont arqués, on coupe
davantage d'un côté que de l'autre pour rectifier
la forme générale de la patte.
Les
qualités requises pour un bon toiletteur sont une
maîtrise des techniques, une connaissance des critères
de races, mais aussi de la patience, du tact, du doigté sans
oublier de la psychologie.
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